Cet article clôt ma Semaine Sainte, vécue comme ARB :
le baroqueux s'interroge sur l'évolution hypermoderne d'un monde aux beautés maintenant impures.
L'avant-dernière procession du samedi, celle des Servites, fait le tour de la place Santa Isabel avant de rentrer dans l'église San Marcos. Les pasos s'arrêtent
devant le porche de l'église Santa Isabel pour écouter, devant le Christ de la Miséricorde de Juan de Mesa, les nonnes leur
chanter un hymne de leurs voix chevrotantes. Puis la Pieta quitte les projecteurs du théâtre urbain pour rejoindre les ombres de la ruelle où s'effectuera la rentrée dans
l'église.
Risible Samedi Saint, ce 11 avril : le paso ne peut passer, retenu dans son avancée par le
cable de la caméra de Canal Sur qui retransmet en direct la fin de la procession. Les costaleros devront se mettre à genoux pour faire baisser le Christ et la Vierge des Douleurs;
l'opéra baroque sera à moitié gâché, illustration des fragilités d'une manifestation religieuse qui tend à devenir seulement culturelle et médiatiquement branchée : miséricorde
!
Publié le 21/04/2009 à 08h23 dans Passions tristes