Jasmins en vélo
Avril est là, les dernières oranges amères sont enlevées des arbres par les jardiniers municipaux.
Dimanche des Rameaux s’annonce sous la chaleur et le ciel bleu.
Tout est à moitié consommé : j’ai imaginé ma confrérie, vécu l’arrivée du printemps, voyagé en Andalousie et essayé de démystifier
Séville. Pures joies.
Les prochains articles de ce blog vivront leur Carême, un peu tardif : maigres d’images et de textes mais métonymiques de chaque
jour vécu jusqu’au Dimanche de la Résurrection, le « lundi saint » suisse étant ici une aberration mentale.
Donc, aujourd’hui à vélo, il fallait expérimenter la vitesse de 15-20 kilomètres-heure pour sentir la ville : des fleurs d’oranger
on passe au puissant jasmin des jardins de Murillo et on ne peut que penser à Juan Ramon Jimenez, le grand poète andalou prix Nobel de littérature 1956.
Du jasmin sévillan, il a tiré ces beaux vers :
Son musicas de oro
blanco, que surgen solas, de repente,
como ascension de candidos jardines ;
un coro
agudo de jazmines
celestes, bandolines,
arpas y violines
que tanen arrobados serafines...
Ce sont des musiques d’or
blanc, qui surgissent seules, tout à coup,
telle une ascension de candides jardins ;
un choeur
aigu de jasmins
célestes, mandolines,
harpes et violons
que jouent des séraphins en extase...
Publié le 02/04/2009 à 18h04 dans Parfums