"En el Corral del Conde hubo pelea"
("Dans la Cour du Comte il y a eu de la bagarre ...") : Tel est le titre de cette sevillana corralera.
La sevillana est sans doute le chant flamenquisé le plus populaire de ceux qui existent en Andalousie. Elle jouit
depuis quelques années d'une extraordinaire diffusion. Les gens dansent des sevillanas lors des fêtes dans pratiquement
toute l'Espagne et à Séville en particulier lors de la Feria de
Abril.
Les sevillanas corraleras ont disparu en même temps que les corrales de vecindad (les cours de voisinage) d'ou elles tirent leur nom. Elles naissaient, se chantaient et se
dansaient dans les cours communes des pâtés de maison populaires. En Andalousie, pauvreté et promiscuité génèrent la bonne humeur et l'espièglerie (la picardia). Ces sevillanas
se distinguent par une mélodie très enlevée, un ton très haut perché des femmes, typiques du peuple simple (pueblo raso) et par des textes moqueurs. Ici la chanson commence par une
bagarre (pelea) et finit par un mariage (casorio).
Le chanteur El Pali est le surnom de Francisco Palacios (1928-1988) qui fut connu comme le troubadour de Séville et qui a contribué à la revalorisation de la fraîcheur sévillane des
sevillanas.
Le samedi saint, la Semaine Sainte se clôt notamment par la rentrée dans son église de la confrérie des Servites.
Sur la marche funèbre de Chopin, le paso du Christ, une pieta, vient saluer le Christ crucifié en bois du grand
sculpteur Juan de Mesa, le Cristo de la Misericordia. Cette statue se trouve dans l’église conventuelle de Santa Isabel, d’habitude fermée. Les moniales de ce couvent sont célèbres pour
leur broderies de manteaux de Vierges sévillanes. Ensuite, la procession nocturne contourne la fontaine de la place Santa Isabel et rentre dans l'église mudéjare San
Marcos.
Or, ma banque, la Cajasol, organise un vendredi par mois des concerts gratuits de musique baroque interprétés par de jeunes
musiciens espagnols. 300 personnes se pressaient hier soir dans cette église non chauffée pour écouter des morceaux des fils de Bach, joués par l’ensemble Garten der Lüste.
Les délices furent pour moi, comme lors du Bétis-Malaga, moins le spectacle donné que le bonheur déviant d’avoir sous ses yeux le fameux Crucificado de 1614.
L'expérience d'assister à un concert de luth dans la chapelle de l'Université fut un de ces moments emplis du
"duende" andalou : cet emportement de l'esprit sous l'effet de la magie des sens.
Juan de Mesa y Velasco (1583-1627) est le sculpteur du baroque sévillan. Il est
l'auteur de nombreuses statues de Christ qui sortent en procession pendant la Semaine Sainte de Séville. Il est né en 1583 à Cordoue. En 1606, il intègre l'atelier de Juan Martínez Montañés,
l’autre très grand sculpteur sévillan, auteur du Christ de la Clémence de la cathédrale et du Christ de la
Passion.
Ses sculptures se caractérisent par un grand réalisme qui est le résultat d'un long travail d'observation de personnes et de cadavres, ce qui lui a permis de reproduire le plus fidèlement
possible l'anatomie humaine. Précisément à cette époque, le programme esthétique de l'Église catholique consistait en une reproduction fidèle des figures humaines pour rendre les images
saintes plus proche des fidèles, renforçant ainsi leur dévotion. Sa prédilection pour les images saintes de la Passion lui a valu le surnom de l'Imaginero del dolor (le sculpteur de
la douleur).
Les effigies processionnelles (cf diaporama ci-joint sur la confrérie des Etudiants) constituent l'essentiel
de son oeuvre et font encore aujourd'hui l'objet d'une grande dévotion. Parmi celles-ci se détachent le Cristo del
Amor, le Cristo de la Buena Muerte et le très connu Jesus del Gran Poder, trois effigies parmi les plus belles de tout l’art espagnol.
Dans le Christ de la Bonne Mort, Mesa s’est surpassé. Cette statue était destinée à recevoir un culte dans l'église principale des Jésuites à Séville. La réussite la plus suggestive
de l’oeuvre réside dans l'interprétation de la tête. Celle-ci, dépourvue de la couronne d'épines que Mesa avait l'habitude de tailler dans le même bloc crânien, réfléchit toute la douceur et
toute la poésie imaginables. Le moment représenté est l'instant précis du décès. Le corps sans vie pend aux clous qui percent ses mains. Le laisser-aller cadavérique contraste avec le
clair-obscur accusé des plis tordus du suaire.
José Miguel Moreno s’est spécialisé dans l’interprétation historique, disposant d’un répertoire très riche (depuis le XVIe siècle jusqu’au début du XXe siècle), qu’il interprète sur des
instruments d’époque: vihuela, guitare Renaissance et baroque, luth Renaissance et baroque, théorbe et guitare classico-romantique. Il s’agit dans tous les cas d’instruments d’époque
ou de copies conformes. Dans ce domaine, José Miguel Moreno est unanimement reconnu comme l’un des plus grands spécialistes.
La salle de concert, une des plus fameuses du monde pour les récitals ou la
musique de chambre, est une sorte de temple. Construite au début du XXe siècle dans le style Renaissance, elle a une structure rectangulaire inspiré d’un plan basilical, de fausses colonnes à
la Brunelleschi et un plafond demi-voûté. Au fond, une « abside » surmontée d’une fresque art nouveau : c’est la scène de jeu. Tout est ici « classique » pour que la musique se diffuse dans une
acoustique parfaite comme l’allégorie peinte le signifie.
600 mélomanes un peu excentriques écoutent ce soir-là la pianiste sur des sièges en tissu rouge très poussiéreux. C’est
shabby et dirty, un faux chic très négligé, typique du pays. Dans le public, pas de tenue de soirée ni d’apparat, pas d’escarpins, de bijoux et de maquillage. Il y
un vieillard aveugle accompagné par sa femme, deux frères célibataires mal attifés, de vieilles dames professeurs de piano avec une canne, d’autres parfumées à l’Heure bleue avec un
sac en plastique, quelques couples modernes, de jeunes étudiants boutonneux aux lunettes démodées : tous des enfants ou petits-enfants d’amateurs qui allaient écouter Myra Hess jouer Beethoven
dans les couloirs du métro sous les bombardements de 1942, dans le sang et la sueur de la guerre.
La semaine dans cette ville est glaciale depuis une semaine et pourtant durant tout le concert pas un toussoutement, aucun froissement de papier, nulle ventilation et même pas une
bourgeoise aux poignets clinquant de bracelets métalliques.
La pianiste géorgienne de 63 ans est léonine. D’une carrure impressionnante, elle joue avec une profondeur de son que seul Richter possédait. Coulées
félines, rageuses dans certains passages, pattes de velours espiègles dans quelques autres. Elle attaque les trois dernières sonates de Beethoven, comme l’ont fait dans cette même salle Solomon
ou Brendel, et beaucoup d’autres. Ce tryptique majeur de l’histoire de la musique, combien je l’aime, combien de fois je l’ai écouté. La lionne poétise la 109, fait sortir des abymes le
mouvement fugué de la 110 et atteint l’extrême des possibles dans la 111.
Tout – la salle, le public, l’artiste, les œuvres - concourt à ce qui est impossible à Séville : le classique et non le baroque, la profondeur plutôt
que la surface, la durée au lieu de l’instant. Dans cette forme culturelle européenne, le duende ne peut exister car il est prévisible que l’événement sera grandiose et demandera une
attention constante de l’auditeur. On sait que la beauté pourra surgir des hautes œuvres connues et non d’un rayon de soleil aléatoire sur un paso.
Pourtant, à Londres comme à Séville, la plénitude de la vie est ici et maintenant, dans la manifestation de ce qui est. Entrer dans la plénitude de la
présence, c'est passer au-delà du temps psychologique, sentir l'éternité dans un silence qui est toujours présent dans le mouvement même du changement.
Nous "sentons et nous expérimentons que nous sommes éternels", à chaque fois qu'abandonnant à elle-même la fuite du temps, nous nous élevons à la
vérité éternelle des choses. Nous sentons alors que nous participons de cette éternité qui nous est ouverte, parce que nous ne sommes pas seulement un corps périssable, mais aussi une essence
dans l'entendement infini de la substance divine, comme dirait Spinoza dans le livre V de l'Ethique.
Pour lui, ce n'est pas exactement "l'homme", en tant qu'individualité corps-esprit, qui peut entrer en contact avec l'éternité, mais c'est l'esprit en tant
que Présence qui peut connaître l'intemporel car Spinoza avance sa formule pour désigner la connaissance philosophique. Cela ne veut pas dire que l'homme se place en dehors du Temps, mais que
dans le temps, il peut transcender le temps psychologique et se retrouver le maintenant-éternel du présent.
J’utilise donc cette belle formule en la déviant de son contexte : pour moi, l’expérience de notre « éternité » est autant affaire de l’esprit qui «
connaît » et approche les œuvres et les choses que du corps affecté par le contexte de la « connaissance » : une fausse note, un toussotement, des paupières fatiguées ne nous feront plus
rien sentir et l’expérience n’aura jamais lieu.
Des après-midi pareilles un 21 février en Europe, seule Séville peut nous en offrir.
Proche du plus beau parc arborisé d'Europe, le parc Maria-Luisa, la paroisse de San
Sebastian organisait dans ses jardins un concert de fanfares de la Semaine Sainte. Douceur printanière ineffable, atmosphère familiale bon enfant avec tortilla et bière à la pression,
orangers très en avance dans leur floraison, musiciens jeunes et moins jeunes se préparant déjà pour le dimanche des
Rameaux : c'est la Séville profonde, intime, et si secrète pour le profane que je crois ne plus être.
Les processions de
la Semaine Sainte sont pour la plupart accompagnées de fanfares. Seules les confréries les plus austères défilent en silence. Au début de la procession jouent des Agrupaciones Musicales.
Dans le film qui suit, la première fanfare est celle des jeunes de la Confrérie des Gitans jouant un déchirant morceau, Marie Madeleine.
Les Bandas de Musica terminent la procession et accompagnent le paso de la Vierge par des marches processionnelles. Ici, la fanfare des jeunes de la petite ville de Dos Hermanas joue le
début de la marche de l'Etoile Sublime, en l'honneur de la Vierge de l'Etoile. Le troisième morceau, Pasan los Gitanos, est interprété par l'Agrupacion musical de la
confrérie des Gitans.
Le dernier est joué par une Banda de cornetas y tambores qui accompagne le paso du Christ avec les déchirures des instruments à piston et la profondeur des
tambours.
Deux heures
passées dans cette atmosphère sévillane permettent de comprendre pourquoi le Diario de Sevilla parle de Berg, Schubert et Liszt comme de musiciens "centreuropéens". Ce soir le grand
pianiste Lars Vogt a interprété certaines de leurs oeuvres à la Maestranza devant un public peut-être déjà, mentalement, dans le carnaval ou la Semana Santa : en tous cas
beaucoup de toussoteux incapables d'entrer dans l'univers de ce pianiste possédé par la musique, comme s'il se dédoublait pour écouter ce qui surgit de l'autre lui-même.
A Cadix, le carnaval bat son plein, avec cette extraordinaire capacité des Gaditanos de chanter des couplets satiriques
dans des groupes musicaux appelés chirigotas ou comparsas.
Devant la maison natale de Manuel de Falla, on comprend l'esprit musical andalou, si éloigné en apparence de Beethoven et Schubert,
si européen pourtant.
En effet, Cadix est la ville des Lumières de l'Espagne où fut proclamée la Constitution de 1812. Son esprit d'ouverture est
légendaire : on y est bien accueilli et on y croise des travestis bien intégrés dans la communauté.
Et surtout on trouve une église construite dans le style néo-classique par un père jésuite fortuné à la fin du XVIIIe siècle,
l'église de Santa Cueva. Il demanda à Haydn de composer en 1783 Les Sept dernières paroles du Christ et à Goya de peindre une Cène.
Les prochains articles reviendront sur l'esprit magnifique de Cadix, la ville qui sourit.
Encore Cadix, cette ville unique, de saline clarté comme l'a écrit Manuel Machado dans un poème dédié aux grandes villes
d'Andalousie.
Cadiz, salida claridad. Granada,
agua oculta que llora.
Romana y mora, Cordoba callada.
Malaga, cantaora.
Almeria, dorada.
plateado, Jaen. Huelva, la orilla
de las tres carabelas.
Y Sevilla.
Cadix, clarté saline. Grenade,
eau cachée qui pleure.
Romaine et maure, Cordoue qui se tait.
Malaga, chanteuse.
Almeria, dorée.
Argentée, Jaen. Huelva, la rive
des trois caravelles.
Et Séville.
Séville, l'unique, n'a pas besoin pour lui d'être décrite. Elle serait tout, belle illusion ! Pourtant, Cadix, blanche ville
ouverte sur l'océan salin, est unique par son esprit rieur, humoristique et frondeur qui se manifeste dans les groupes musicaux qui sillonnent la ville le lundi de la semaine de Carnaval.
C'est une ville des Lumières comme je l'ai expliqué hier. L'inverse absolu de la pleureuse Grenade.
Ici chantent Los Canamaques, un groupe qui a gagné le premier prix au concours qui se déroule
au Théâtre Manuel de Falla.
Ici un groupe mixte dans la rue le lundi après-midi avec une chanteuse qui ressemble à Liza Minelli.
Ici, quelques groupes qui parcourent les rues le soir pour chanter
Un autre concert de fanfares processionnelles aujourd'hui sur une des belles petites places du quartier de l'Arenal, la place
Molviedro. La fête est organisée par la confrérie de Jesus Despojado, Jésus dépouillé de ses vêtements, qui fait sa procession le dimanche
des Rameaux.
Une estrade, un bar où la bière est 1 euro et la tapa 2, une ambiance bon enfant et cette fanfare de la ville, en banlieue, de Dos Hermanas, la fanfare de la
confrérie de la Vierge de Valme, est très au point.
Il ne reste que 35 jours avant le Dimanche des Rameaux mais toute la ville s'y prépare déjà, en
particulier dans l'Arenal, mon quartier de Séville préféré : j'y ai toujours logé à l'hôtel ... Europa.
Une saeta est un court chant à caractère religieux chanté en l'honneur d'un paso lors des cérémonies de la Semaine Sainte.
A certains moments clefs du parcours d'un paso, un membre du public, ou de la confrérie responsable du paso peut lancer une saeta, qui veut d'ailleurs dire flèche en espagnol. Il s'agit en fait d'une
ode-prière à la Vierge, ou au Christ du paso, dont les racines musicales sont arabes et gitanes. La confrérie des Gitans est une plus importantes de Séville puisqu'elle clôt les processions du vendredi matin. La rentrée dans son église de la Vallée est spectaculaire puisque la place où se chantent des saetas est entourée d'immeubles modernes qui
font caisse de résonance.
Le Cristo de la Salud est un Christ dit nazareno puisqu'il porte sa croix sur les épaules. Les saetas
qui lui sont lancées des balcons sont si "gitanes" et émouvantes que je défie quiconque, même le plus calviniste, de ne pas être ému aux larmes un Vendredi Saint vers 13 heures sur cette place.
C'est le seul endroit que je connaisse au monde où j'ai vu pleurer ensemble des milliers de personnes.
Hier soir avait lieu dans l'église de la Hermandad de los Gitanos un concert de saetas chantées par des membres
ou des proches de la confrérie. Elles s'adressent au Christ, ce qui explique que les chanteuses tournent le dos au public.
Chants au Christ souffrant, mais apportant la Santé, la salud par sa souffrance même. Ce n'est pas le Christ d'Antonio
Machado, ni le mien d'ailleurs, si le Christ a été - ou est encore - quelqu'un, ou quelque chose, pour nous...
Dijo una voz popular:
¿Quién me presta una escalera
para subir al madero
para quitarle los clavos
a Jesús el Nazareno?
Oh, la saeta, el cantar
al Cristo de los gitanos
siempre con sangre en las manos,
siempre por desenclavar.
Cantar del pueblo andaluz
que todas las primaveras
anda pidiendo escaleras
para subir a la cruz.
Cantar de la tierra mía
que echa flores
al Jesús de la agonía
y es la fe de mis mayores.
¡Oh, no eres tú mi cantar
no puedo cantar, ni quiero
a este Jesús del madero
sino al que anduvo en la mar!
Une voix populaire a dit:
Qui est-ce qui me prête un escalier
Pour monter sur la croix
retirer les clous
à Jesús Nazaréen ?
Oh, la saeta, le chant
au Christ des Gitans
toujours avec du sang aux mains,
toujours pour déclouer.
Chant du peuple andalou
qui tous les printemps,
demande des échelles
pour monter sur la croix.
Chant de ma terre
qui envoie des fleurs
au Jesus de l'agonie
et qui es la foi de mes ancêtres.
Oh, tu n'es pas mon chant,
je ne peux chanter ni aimer
ce Jesus sur la croix de bois
mais celui qui a marché sur la mer!
On me dira : où trouves-tu le sujet de tes articles presque quotidiens ? Dans ce que cette
ville me tend à l'improviste chaque jour dans son grand théâtre. Ainsi hier soir, avant d'aller à l'opéra voir La Fanciulla del West de Puccini, dans une mise en scène de western
naturaliste, je passe devant le Salvador, la plus belle église baroque de Séville. Le désir me prend, comme souvent, de jeter un oeil à l'intérieur, histoire de rendre hommage au Christ de l'Amour.
L'opéra de trois minutes que j'ai pu voir a bien valu les trois heures pucciniennes qui ont suivi. C'était la fin de la répétition de la Passion selon
Sant Matthieu de Bach, devant le Christ de Juan de Mesa dont la procession du Dimanche des Rameaux est inoubliable.Et de trois donc :
après le Christ de la Miséricorde et le Christ de la
Bonne Mort musicalement ekphrasisés, ce dernier crucifié, baroque, est transfiguré par la musique, baroque, jouée dans cette église, baroque.
Ce n'est donc pas parce que je trouve Séville belle que je la désire, c'est parce que je la désire, dans ses rues, ses arrières-boutiques, ses églises, ses bars et ses jardins que je la trouve
belle, génératrice de passions joyeuses. Les passions
tristes des ordures non triées, des piscines couvertes de 25 mètres sans hygiène, des transports publics chaotiques, des cimetières crasseux, des trottoirs crottés, des confréries
réactionnaires, des costaleros récemment enjoints de ne pas utiliser de capotes, pèsent peu dans la balance spinoziste de l'amour de la vie.
"Vive la vie", m'écrivait mon ami Claude à qui je dédie cet article.
Concierto de benvenida a la primevera, concert de bienvenue au printemps, voilà ce qu'avait organisé aujourd'hui dans
le parc Maria-Luisa, le plus beau que je connaisse, la municipalité de gauche.
Maire venu à vélo, assesseure responsable des parcs et jardins en jeans, on était loin des señoritas et señoritos que l'on croise parfois dans la ville. L'orchestre baroque du conservatoire a terminé le concert par ... le
Printemps de Vivaldi. Ainsi se termine la première étape de ce blog, dans la esplendor primaveral.
Chaque jeudi à la Fondation Cajasol si fatale à la lionne géorgienne a lieu un concert ou un spectacle de flamenco. Les enregistrements et prises de vues sont strictement
interdits et les quelques auditeurs perchés au paradis (12 euros) sont sous la surveillance constante de charmantes ouvreuses. Il n'empêche que j'ai réussi hier soir à enregistrer 15 minutes
d'une solea interprétée par José Valencia. La fin de l'enregistrement fait entendre le début d'une buleria.
Le gitan Jose Antonio Valencia Vargas, « Jose Valencia »,
est l’orgueil de Lebrija. Cette ville est connue comme un berceau du talent Flamenco en Andalousie. En 1981, à l’âge de six ans, José Valencia est déjà finaliste au fameux concours « Concurso
de Cante Antonio Mairena » En 1986 il gagne facilement le Concurso Juvenil de la Federación de Peñas de Sevilla. Déjà à 16 ans, il réalise sa première tournée à travers l’Europe
accompagné par le guitariste Pedro Bacán. Les concerts qui eurent lieu à l’Opéra de Paris et au Festival d’Avignon lui ont même permis l’enregistrement de son premier CD en direct. Valencia
chantera à Morges le 1er mai : à ne pas rater !
Si l'on se réfère à Wikipedia, on apprend (car tout est à apprendre !) que le compas est le schéma rythmique qui
différencie chaque style de chant flamenco (bulerias, fandango, tangos, siguiriyas, malaguenas, martinetes, etc ) et plus particulièrement l'ensemble de règles et procédures qui
régissent les modes d'intervention des différents musiciens. Le compas est ici défini comme un langage, avec une grammaire et un vocabulaire, qui permet de communiquer de façon
improvisée avec les autres musiciens. Il s'agit donc non seulement d'une bonne maîtrise du rythme, mais également d'une connaissance de "tout ce qui peut se faire" ou pas dans tel ou tel contexte
musical.
La Soleá est un des styles de chant, de guitare, de rythme et de danse les plus important et fondamental du flamenco. En
espagnol, solea est une contraction de soledad, qui signifie "solitude". La solea se caractérise par un rythme lent et élastique, et par des textes de chant souvent
dramatiques.
Voici cette dernière solea interprétée hier soir : cliquer ici.
Si je connais, après 11 ans d'accoutumance, l'ensemble des confréries de la Semaine Sainte, il serait bon qu'avant le 15 juillet j'arrive dès les premières mesures à différencier un
fandango d'une granadina, un martinete d'une solea. Mais ceci est une autre histoire ! Et une autre joie en puissance...