Théâtre

Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /2008 20:29
Le Corral del Conde (la « Cour du Comte ») est un édifice unique du XVIe situé près de la Casa de Pilatos. En 1575, il tenait lieu d’écurie et de lieu d’habitation pour les employés d’un comte qui avait son palais tout près.

Placé au centre de Séville, catalogué au "Patrimoine Historique Culturel", il s'agit d'une cour ancienne de voisins (corral de vecinos) que l'enchantement de notre époque conserve intact, en en gardant les caractéristiques: une cour centrale pavée, une fontaine, un lavoir, des galeries en bois, un four à pain, une chapelle.





C'est un lieu tranquille et silencieux dans lequel la végétation est une grande actrice. Les plantes et les fleurs s'emparent de l'environnement en favorisant un climat de détente et de repos sans égal: un oasis au centre de Séville, un "cloître laïc", comme je l'ai surnommé.

C'est là que je vivrai 6 mois dès janvier 2009, dans un petit appartement meublé.


Voici une vidéo vous permettant de visiter le corral :




Vendredi 2 janvier 2009 5 02 /01 /2009 22:56
A Séville, ville baroque et théâtre permanent, voir, c'est ressentir des affects, vivre des émotions. Que cette année nouvelle, que je souhaite bonne ce 2 janvier malgré la pluie mais avec une suave température de 17 degrés, s'inaugure par cette photographie prise le 21 mars 2008 devant l'église San Jacinto, dans le quartier de Triana.

Un couple sévillan est monté sur le muret des grilles de l'église San Jacinto et regarde le paso de la Vierge de l'Espérance de Triana. C'est l'émotion pure, enrichissante en ce jour de commémoration de la mort du Christ. La Vierge de l'Espérance est devant leurs yeux, une simple statue sur un paso décoré d'une manière exorbitante.


Espérance spirituelle mais surtout augmentation de la puissance d'être, à ce point désirée que cette femme et cet homme ont choisi de se placer là, aux premières loges du spectacle ce Vendredi Saint quand le paso revient dans son quartier.

Comme moi d'ailleurs qui était à leurs côtés.

Dimanche 4 janvier 2009 7 04 /01 /2009 20:34
La Fête des Rois à Séville termine les festivités de la naissance du Christ. Pas une église sans sa crèche, pas une pâtisserie sans ses gâteaux. Les familles les mangeront le 6 au matin après le passage des Rois Mages dans les maisons. En effet, les enfants reçoivent plutôt les cadeaux de « Noël » le jour de l’Epiphanie que le 25 décembre.

Dans l’Eglise Santa Cruz, à côté de la statue en bois du Christ des Miséricordes, une crèche sévillane largement inspirée des crèches napolitaines.



Et un peu plus loin, la crèche spectaculaire de l'église Saint-Jean de Dieu, sur la place du Salvador.






Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /2009 20:32
La Cabalgata du 5 janvier en Andalousie c'est le cortège-cavalcade des Rois Mages, avec 30 chars à Séville, de la musique et plein de bonbons que les rois lancent dans le public, qui les attrape parfois avec des parapluies.





Etoiles des illusions, cadeaux symboliques pour annoncer l'an neuf sous le signe du don perpétuel : on donne, on se donne et on en jouit dans les cris et l'excitation de la joie pure : una hermosa Noche de Reyes.


Plus intime, un patio d'une maison très bourgeoise près de l'Alcazar avec une crèche magnifique qui fait la fierté des propriétaires, joyeux de me faire entrer pour admirer.


Mardi 6 janvier 2009 2 06 /01 /2009 16:15
Ce matin dans les rues de Triana, le quartier de Séville qui fait face aux arènes et à la Giralda, une cabalgata en somme bien plus déjantée que celle d'hier.

 Les photos du montage (cliquez ici) donnent l'esprit de cette cavalcade humoristique, pastichant le sacré, donnant l'illusion d'un Orient de pacotille et s'emparant de contes à dormir debout.

La vidéo montre les trois rois dont le dernier est incarné par le célèbre torero sévillan Talavante. C'est pourquoi on lui crie "torero" à la fin. La première fanfare suivie par des "bédouins" commence par jouer une marche de la Semaine Sainte puis s'emballe dans le carnavalesque : toujours le pur et l'impur.


Mardi 27 janvier 2009 2 27 /01 /2009 17:49
Des deux mille photos numériques de Séville accumulées dans ma phototèque, je tirerai celle-ci, présentée ci-dessous. Je ne suis pas photographe mais aime capter des instants magiques qui s'effaceraient plus vite de la mémoire sans la trace photographique. C'est du moins ainsi que mes affects fonctionnent, pour mon bonheur.


Le Vendredi Saint 6 avril 2007, il est 8 h 20 du matin dans une ruelle du centre historique. C'est la fin de la Madrugada, la nuit où les confréries les plus importantes ont accompli leur procession de pénitence. Deux jeunes Sévillans ont passé la nuit dehors pour voir notamment le Christ du Gran Poder de Juan de Mesa. Très imprévoyants, ils ne portent qu'un chandail ou un petite veste polaire et se réchauffent avec leur couverture et du chocolat chaud. Ils posent pour moi, les yeux allumés par mon flash et par leur passion pour cette nuit.

Moi aussi, plus emmitouflé qu'un jour de grand froid à La Chaux-de-Fonds, j'ai attendu le passage du Señor de Sevilla devant l'arc du Postigo et je me prépare à filer tout au nord du centre historique pour réserver une bonne place devant un balcon où s'arrêtera, je le sais, la Vierge de la Macarena.


A Séville, cette nuit-là, il a fait 3 degrés et les saetas captées par la vidéo du Nikon restent dans la mémoire ... de mon Mac.


Jeudi 29 janvier 2009 4 29 /01 /2009 11:04
La Séville religieuse des confréries (hermandades), des images sculptées de Christ et de Vierges, peut être un fouillis bondieusard pour les néophytes. Elle a pourtant ses rites et ses codes qui culminent dans les processions annuelles de la Semainte Sainte, du dimanche des Rameaux au Samedi Saint. Pourquoi m'y intéressé-je, athée que je suis ? Je le dirai plus tard quand j'aurai mieux compris ce paradoxe. J'introduis aujourd'hui un de ces rites, le besamano d'une effigie de Vierge, la Vierge de la Charité dans sa Solitude (Virgen de la Caridad en su Soledad).

Cette statue se trouve dans la chapelle de la confrérie du Baratillo, du brocanteur, adossée aux arènes de Séville. La confrérie fait sa procession le Mercredi Saint ("hace su estancion de penitencia") et est spécialement liée au monde taurin et au quartier des arènes, l'Arenal (littéralement le quartier du sable puisqu'il est près de l'ancien port au bord du fleuve).

Plan de Séville avec l'Arenal en 1777

En dehors de la Semaine Sainte ont lieu régulièrement dans la chapelle des messes et des périodes appelées triduo, quinario ou novana. La neuvaine est une dévotion qui consiste à offrir pendant neuf jours de suite une prière ou une démarche de piété à une effigie (triduo : 3 jours; quinario : 5 jours) Cette prière est une tradition très ancienne de l'Église et cette dévotion s'ancre sur les paroles du Christ reprises dans le Nouveau Testament qui incitent à prier avec foi. Par exemple : « Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. » (Évangile selon St Matthieu 7,7; Évangile selon saint Luc 11,9).

Le triduo repose en gros sur la même principe mais pendant trois jours.


Ainsi, lors des neuvaines, quinaines ou tridaines dédiées à une Vierge ou un Christ de Séville, il est fréquent que les fidèles de la confrérie ou tout autre croyant viennent baiser les mains de la statue ou les pieds d’un Christ (besamano ou besapies). Je n’irai pas jusqu’à cette pratique mais …j'ai assisté au besamano de cette belle vierge de la Charité dans sa Solitude. La voici d'ailleurs sur son paso du Mercredi Saint.


Et la voilà lors de ce besamano dont vous pouvez suivre des extraits filmés.



Mais l'essentiel n'est-il pas, dans ces moments rituels théâtraux symptomatiques du baroquisme quotidien de Séville, de capter d'autres visages, de jouir de la beauté des femmes qui viennent baiser la main de leur semblable ?  Le pur, l'impur, le désir...

Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /2009 15:27
Livio est né ce matin, 11 février 2009 dans les frimas chaux-de-fonniers. A Séville, son anagramme presque parfait, c’est le premier jour du printemps : lumière divine, température suave, vent net et discret. Sans son père, un ami très cher, jamais je ne me serais décidé pour ce congé sabbatique. Il pensait que je devrais écrire un livre sur Séville, moi qui ne suis pas écrivain... Un blog suffit, malgré la vulgarité du terme.


Livio mérite donc bien une mise en scène un peu baroque (mais sans trucage photographique) qu’on lui expliquera un jour.

Qu’il vive donc bien, Livio, en direct de la pureté de la vie, et, ici, devant un des plus beaux panaromas urbains du monde : du pont de Triana, le Guadalquivir et Séville avec ses arènes et la Giralda, à 14 h. 30 le 11 février 2009, tout près de la calle Pureza...

Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /2009 16:38
L’exposition consacrée au peintre Juan de Roelas se tenait au Musée des beaux-arts de Séville jusqu'au 15 février ainsi que dans quelques églises où ce prédécesseur de Vélasquez, Murillo et Zurbaran a peint vers 1610-1620 des toiles de retables : c’est l’occasion dans la vidéo proposée de se plonger dans le pur baroque sévillan.

En effet, le dernier jour de l’exposition était aussi le neuvième jour de la novena de la confrérie de San Isidoro. Le Vendredi Saint en fin en fin de soirée, Jesus des Tres Caidas (le Christ des Trois Chutes, pendant son chemin de croix) parcourt, dans un silence de deuil, les rues de Séville.

Ce dimanche de février, il est exposé sous le retable pour être vénéré neuf jours par les membres de cette confrérie bourgeoise du centre-ville. L’archevêque de Séville officie et, à un certain moment, les frères et sœurs de la confrérie  procèdent à un rite incompréhensible pour le profane.

Ils vont doublement baiser le Livre de Règles de la confrérie après avoir posé la main sur un Evangile. Ces bondieuseries rituelles – pour un calviniste - n’ont rien de spectaculaire mais quand elles ont pour arrière-plan le retable de Roelas et le Christ du sculpteur Gijon (fin XVIIe siècle), le moment devient du pur théâtre.


Dans le montage photographique, j’ai voulu que la statue se fonde avec les figures peintes. Ce dimanche-ci, les couleurs, les dorures, les décorations, les parures et les ornements floraux s’entremêlaient avec les odeurs prononcées d’encens et les chants religieux de la petite chorale.

Superpositions, entrelacements, surabondances que les détracteurs du baroque appelleraient des boursouflures et qui me ravissent depuis 12 ans que je viens à Séville. Ce n’est pas la justification par la foi mais la justification de la foi par des images, toujours belles, fines et riches. Il y a de la profondeur dans ces surfaces-là…


Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /2009 10:28
La Confrérie du Silence, fondée en 1340, est la plus ancienne de Séville et son image titulaire est Nostro Padre Jesus Nazareno, statue sculptée au début du XVIIe siècle. Le premier vendredi de mars a traditionnellement le baise-pied - besapies - de cette effigie qui a la particularité de porter en avant sa croix en écaille de tortue. La confrérie du Silence est en effet, malgré l'austérité absolue de sa procession, une des plus richement ornées d'Espagne avec un dais du paso de la Vierge en argent et pierres précieuses.

J'ai voulu accompagner les images de la cérémonie du besapies d'un chant flamenco,
Que he dejado de quererte, interprété par l'immense Camarón de la Isla. Surnommé Camarón (« crevette ») à cause de ses cheveux blond-châtain, Jose Monje a mélangé flamenco archaïque et innovations de son cru. Il est considéré comme le chanteur de flamenco le plus populaire de la période récente. Le flamenco fera l'objet de plusieurs prochains articles au fur à mesure que je le découvrirai dans sa substance.

Que he dejado de quererte,
me mandaste a decir,
que he dejao de quererte,
y aunque estoy lejos de ti
siempre te tengo pressente,
sin ti no puedo vivir.

Que j’aie cessé de t'aimer
tu m'as ordonné de le dire,
Que j’aie cessé de t'aimer,
et bien que je sois loin de toi
toujours je t'ai présent en moi,
sans toi je ne peux pas vivre.


Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /2009 15:54
A une cinquantaine kilomètres au sud-ouest de Séville, on arrive à Villamanrique de la Condesa, une petite ville proche de El Rocio où a lieu chaque année le plus important pèlerinage d'Europe. Une semaine avant la Pentecôte, plus d'une centaine de confréries d'Andalousie et d'Espagne vont marcher jusqu'à l'Eglise du Rocio qui abrite une célèbre Vierge portée dans la foule la nuit du dimanche au lundi.

Nuestra Señora del Rocío (littéralement Notre Dame de la Rosée), est appelée également Blanca Paloma (Blanche Colombe), La Pastora (la Bergère) ou La Reina de las Marismas (la Reine des Marais).




La légende de l'apparition de la Virgen del Rocío remonte au XVIe siècle. Elle a été transmise oralement et ce n'est qu'au XVIIIe siècle qu'on en retrouve la première trace écrite. Elle raconte qu'un berger (ou un chasseur, selon les versions) du nom de Gregorio Medina, habitant à Villamanrique de la Condesa, trouva au lieu-dit La Rocina, dans une cavité d'un arbre, une statuette de la Vierge et décida de l'emmener avec lui à Almonte, le village le plus proche, à 17 km de là. Sur le chemin, il se reposa un instant et, à son réveil, la statuette avait disparu. Il retourna alors à l'endroit où il l'avait découverte et la retrouva au même endroit. Quand il raconta son aventure aux autorités d'Almonte, ces dernières en conclurent que la statuette y était retourné de sa propre volonté et que cet endroit était le sien. Ils décidèrent d'ériger un ermitage à cet endroit pour son adoration. La Vierge prit le nom de Virgen de Las Rocinas, puis de Virgen del Rocío en 1758.

C'est à Villamanrique que la plupart des confréries s'arrêtent avec leur chariot devant l'église pour saluer l'étendard de la Vierge de la confrérie de la ville. En effet, chaque confrérie transporte avec elle un étendard (simpecado) symbolisant la pureté virginale et placé sur une carreta, un chariot à grandes roues capable de franchir certains gués.

J'assisterais bien au pèlerinage et en particulier à la cérémonie de Villamanrique, le 28 mai, où les boeufs tirant les carretas sont dressés à s'agenouiller devant l'image de la Vierge.

J'aurais déjà pris mes repères dans le bar en face de l'église, un concentré de l'Andalousie : images du pèlerinage, photo du Christ sévillan de l'Expiration, programme des corridas de Séville, rien ne manque à la panoplie profonde de l'âme andalouse. Ensuite, je marcherais avec les pèlerins pendant 25 kilomètres dans l'immense pinède qui sépare Villamanrique du Rocio.


La vidéo vous donne une idée de l'entreprise qui met en joie sprituelle les pèlerins, croyants ou athées d'ailleurs.

Entretemps, je vais relire le livre de Francis Marmande et revoir le film de Jean-Blaise Junod.

Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /2009 18:09
La Vierge de l’Esperanza de Triana, sculptée au XIXe siècle, est une des plus aimées de Séville, en particulier dans son quartier de l’autre côté du fleuve. Les Gitans y ont toujours vécu et, pudique, le clergé y avait établi le tribunal de l’Inquisition après la Reconquista. Sa procession spectaculaire (ornement floral exubérant, portage swinguant du paso) se déroule pendant le petit matin (madrugada) et la matinée du Vendredi Saint. Cette Vierge est dite d'espérance et contrebalance la douleur de la mort du fils de Dieu, imagée dans la procession qui la précède avec le Christ du Calvaire.

La confrérie de l'Esperanza de Triana conserve ses images saintes dans la minuscule chapelle des Mariniers de la rue Pureza et pendant le Carême, les cinq jours de son quinario font resplendir aux fidèles la Vierge dans l’église voisine de Santa Ana.



La messe finale de ces cinq jours d’actions de grâces à cette beauté andalouse se déroule le 4e samedi du Carême selon un rite complexe imperméable aux profanes, trivial et sublime pour moi.

Trivial quand le clergé catholique compassé (curés, garçons de chœur, confrères et autres subalternes) fait le tour de l’église avec le Saint Sacrement protégé par un vilain dais. Emouvant quand les fidèles chantent l’hymne final à la Vierge et sublime quand l’athée, fidèle au protestantisme d'antan, peut s’approcher de l’autel où l’Esperanza se donne en offrande florale et, ce samedi-là, philosophique.


Fin de la messe du quinario de l'Esperanza de Triana, 4e samedi de Carême 2009

Sa grâce éclaircit l’esprit pour réussir enfin à dialectiser les paradoxes de mes croyances et désirs.

En bref, je crois que Jésus Christ, immense penseur de l’égalité et de l’amour,  du fini et de l'infini, n’est pas le fils de Dieu ni qu'il y a une vie après la mort dans un quelconque royaume : je ne passe pas pourtant une vie militante à l’affirmer, mon athéisme est "négatif" comme le dirait André Comte-Sponville. Croire que Dieu n'existe pas n'équivaut pas à affirmer qu'il n'existe pas, "athéisme positif".

J’aime en outre que la foi - des autres - soit avant tout intérie
ure, même dans l’exubérance, et qu’elle seule justifie leurs croyances sans une hiérarchie institutionnelle de prêtres, déjà abhorrée par Voltaire, chapeautée par le maudit actuel.

Et j’adore voir les belles images saintes chrétiennes, peintures ou sculptures de l'art baroque en particulier, qui parlent à mon cœur sensuel et qui m'ouvrent à l'infini de l'immanence. Il n'y pas de transcendance, seul le réel est perfection et seul ce qu'en lui je désire est bon pour moi.

Si, à partir de ces trois prémisses, socle enfin défini de mes croyances, je pouvais fonder la confrérie des athées réformés baroques, je m’engagerais dès demain, avec un siège officiel dans des jardinets saints chaux-de-fonnier et
sévillan.

Ornement floral 2008 du paso de l'Esperanza de Triana

Ornement floral 2003

Ornement floral 2004

Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /2009 15:11
11 ans d'esperanza pour cette image du Vendredi des Douleurs, le vendredi des Rameaux : elle est prise lors du baise-main d'une des plus anciennes Vierges de Séville, la Soledad de San Lorenzo (fin XVIe siècle) avec le paso de laquelle se clôt la Semaine Sainte le samedi de Pâques.


Seule devant la croix d'où pend un linceul blanc, la Vierge de la Solitude médite sur la mort du fils aimé.

Aujourd'hui, la jeune femme en jeans dans l'église, outre qu'elle nettoie la main de la Vierge après chaque baise-main, est en communication spirituelle avec son ancêtre.

Pure Sévillane, elle incarne la lignée des belles jeunes femmes, réelles ou imagées :   les sculptures seraient nées à la vue des visages, les visages paraîtraient aujourd'hui des effigies.

Où serait l'impur ?


Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /2009 14:44
Il fallait bien que la grande ville baroque rende hommage au grand poète baroque. Dans le monastère de la Cartuja, avant-dernier concert du Festival de musique ancienne. Un ensemble espagnol joue un spectacle inspiré de Comme il vous plaira de Shakespeare, avec des chansons de John Morley.

In the sping time, the only pretty ring time
When birds do sing, hey ding a ding,ding :
Sweet lovers love the the spring.

Au printemps, la seule saison du mariage
Quand les oiseaux chantent, tra la la la :
Les doux amants aiment le printemps.



A tous les amoureux du monde...


Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /2009 20:52
Dans moins de trois heures je vais aller voir le paso du Christ de l'Amour rentrer dans son église du Salvador. Ce matin, la statue était dans sa splendeur.

Pourquoi tant d'amour dans un crucifié ? Comme le pélican il nourrit ses enfants de sa propre chair et, tout mort qu'il est, ses bras tendus sont une offrande transfigurante.




 
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