Mardi 17 mars 2009
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Le charme des villes tient dans leurs établissements publics typiques et populaires qui concentrent l’esprit des lieux sans la
pollution touristique. Pour rien, on a tout : les consommations et aliments immémoriaux, le décor organisé et surchargé de signes émotionnels, les gens habitués et cordiaux. Dans la chère rue
Gamazo de quartier de l’Arenal, une enseigne banale mais soignée annonce la Casa Moreno, chacineria et ultramarinos, (charcuterie et épicerie, les produits d’outre-mer
ayant passé dans le langage usuel pour désigner les produits en conserves ou en bocaux).
On franchit l’espace du magasin et on se retrouve dans l’arrière-boutique devant un comptoir accorte, des images de Vierges, de
Christs et de taureaux. Le patron sert des cafe con leche dans des verres et prépare les bocadillos (miches de pain blanc toastées) avec ses délicieuses charcuteries : c’est le
pain quotidien des Sévillans et parfois le mien. J’y ai même rencontré un costalero du paso de la Sentencia.
Si j’aime ce quartier de l’Arenal, rythmés tous les dix mètres par les meilleurs bars à tapas du monde, c’est aussi
par toute son histoire. Proche de l’ancien port, c’était le barrio (quartier) du « sable », des rives du Guadalquivir, qui se situait vers les arènes à l’extérieur des murailles de la
ville. Cette magnifique image d’un plan de Séville de 1771 explique l’origine de ces lieux où j’ai toujours logé avant le Corral del Conde.