Mardi 3 mars 2009
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17:43
L'hirondelle est mon oiseau favori et les
hirondelles, las golondrinas, font le printemps toutes les saisons à Séville dans ce bar du même nom au centre du quartier céramiste de Triana. Le patron, Paco Arcas, est un Sévillan que
je connais depuis 12 ans (il parle anglais !) car je ne pourrais manquer de venir goûter les chipirones a la plancha (petits calamars grillés) accompagnés de simplissimes radis au gros
sel et à l'huile d'olive.
Il y a des bien des bars à Séville comme des stations sur des chemins qui se croisent pour les non pénitents comme moi.
Je ne résiste pas au plaisir de finir cet hommage à la cuisine simple des Hirondelles en citant le beau poème de René Char
sur le martinet :
Le martinet
Martinet aux ailes trop larges, qui vire et crie sa joie autour de la maison. Tel est le coeur.
Il dessèche le tonnerre. Il sème dans le ciel serein. S'il touche au sol, il se déchire.
Sa repartie est l'hirondelle. Il déteste la familière. Que vaut dentelle de la tour ?
Sa pause est au creux le plus sombre. Nul n'est plus à l'étroit que lui.
L'été de la longue clarté, il filera dans les ténèbres, par les persiennes de minuit.
Il n'est pas d'yeux pour le tenir. Il crie, c'est toute sa présence. Un mince fusil va l'abattre. Tel est le
coeur.