Jeudi 26 février 2009
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Depuis hier jusqu'au dimanche des Rameaux, le Carême et 40 jours d'intenses préparations de la Semaine Sainte occupent tout
Séville. Le 5 avril, certains se battront pour leur siège mais mon coeur sera plutôt avec la Vierge de l'Amertume ou le Christ de l'Amour, dans un jour qui, s'il fait beau, est l'essence même du printemps et de la lumière. Ce printemps dont nous
gratifie aujourd'hui un oranger de la Place San Leandro avec une première fleur.
Depuis hier, les confréries redoublent donc d'activités pour exposer leurs effigies pendant cinq jours (des quinarios) dans l'autel de l'église ou de la chapelle, avec des décorations florales sophistiquées rappelant les pasos de la
Semaine Sainte. Ainsi le Christ de la Fondation de la confrérie des Nègres (Negritos), qui fut la
première dès le XVIIe siècle à intégrer des noirs se présente dans toute son humanité splendide.
D'autres sortent leur statue dans des Via Crucis qui parcourent le quartier en s'arrêtant dans chaque église. Ainsi le
Christ des Cinq Blessures de la confrérie de la Trinité s'est fait hier soir porter dans l'église du couvent Santa Isabel dont j'ai déjà parlé pour ensuite faire une station devant la Vierge des Douleurs de la confrérie des Servites.
Dans la basilique de la Macarena, la Vierge de l'Espérance est habillée en hebrea (en juive, c'est-à-dire pas encore Mère du Seigneur) dans une tenue qui n'a de baroque que les
savantes plissures.
Voilà pour le théâtre religieux, indéniablement porteur d'une joie spirituelle pour
les fervents des confréries.
Mais la proclamation de la joie du Carême a lieu aussi ailleurs : dans l'encens qui sort des églises et même des rues où il est en vente sous différents mélanges.
La proclamacion del gozo se manifeste aussi dans les torrijas de miel
qui commencent à se déguster dans toutes les pâtisseries : ce sont des tranches de pain
brioché grillées et trempées dans du vin blanc et du miel. Quand les orangers embaumeront la ville, dans quelques semaines, les torrijas seront le complément nécessaire, à nos
narines, de notre palais.