Samedi 21 février 2009
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Des après-midi pareilles un 21 février en Europe, seule Séville peut nous en offrir.
Proche du plus beau parc arborisé d'Europe, le parc Maria-Luisa, la paroisse de San
Sebastian organisait dans ses jardins un concert de fanfares de la Semaine Sainte. Douceur printanière ineffable, atmosphère familiale bon enfant avec tortilla et bière à la pression,
orangers très en avance dans leur floraison, musiciens jeunes et moins jeunes se préparant déjà pour le dimanche des
Rameaux : c'est la Séville profonde, intime, et si secrète pour le profane que je crois ne plus être.
Les processions de
la Semaine Sainte sont pour la plupart accompagnées de fanfares. Seules les confréries les plus austères défilent en silence. Au début de la procession jouent des Agrupaciones Musicales.
Dans le film qui suit, la première fanfare est celle des jeunes de la Confrérie des Gitans jouant un déchirant morceau, Marie Madeleine.
Les Bandas de Musica terminent la procession et accompagnent le paso de la Vierge par des marches processionnelles. Ici, la fanfare des jeunes de la petite ville de Dos Hermanas joue le
début de la marche de l'Etoile Sublime, en l'honneur de la Vierge de l'Etoile. Le troisième morceau, Pasan los Gitanos, est interprété par l'Agrupacion musical de la
confrérie des Gitans.
Le dernier est joué par une Banda de cornetas y tambores qui accompagne le paso du Christ avec les déchirures des instruments à piston et la profondeur des
tambours.
Deux heures
passées dans cette atmosphère sévillane permettent de comprendre pourquoi le Diario de Sevilla parle de Berg, Schubert et Liszt comme de musiciens "centreuropéens". Ce soir le grand
pianiste Lars Vogt a interprété certaines de leurs oeuvres à la Maestranza devant un public peut-être déjà, mentalement, dans le carnaval ou la Semana Santa : en tous cas
beaucoup de toussoteux incapables d'entrer dans l'univers de ce pianiste possédé par la musique, comme s'il se dédoublait pour écouter ce qui surgit de l'autre lui-même.