Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /2009 16:38
L’exposition consacrée au peintre Juan de Roelas se tenait au Musée des beaux-arts de Séville jusqu'au 15 février ainsi que dans quelques églises où ce prédécesseur de Vélasquez, Murillo et Zurbaran a peint vers 1610-1620 des toiles de retables : c’est l’occasion dans la vidéo proposée de se plonger dans le pur baroque sévillan.

En effet, le dernier jour de l’exposition était aussi le neuvième jour de la novena de la confrérie de San Isidoro. Le Vendredi Saint en fin en fin de soirée, Jesus des Tres Caidas (le Christ des Trois Chutes, pendant son chemin de croix) parcourt, dans un silence de deuil, les rues de Séville.

Ce dimanche de février, il est exposé sous le retable pour être vénéré neuf jours par les membres de cette confrérie bourgeoise du centre-ville. L’archevêque de Séville officie et, à un certain moment, les frères et sœurs de la confrérie  procèdent à un rite incompréhensible pour le profane.

Ils vont doublement baiser le Livre de Règles de la confrérie après avoir posé la main sur un Evangile. Ces bondieuseries rituelles – pour un calviniste - n’ont rien de spectaculaire mais quand elles ont pour arrière-plan le retable de Roelas et le Christ du sculpteur Gijon (fin XVIIe siècle), le moment devient du pur théâtre.


Dans le montage photographique, j’ai voulu que la statue se fonde avec les figures peintes. Ce dimanche-ci, les couleurs, les dorures, les décorations, les parures et les ornements floraux s’entremêlaient avec les odeurs prononcées d’encens et les chants religieux de la petite chorale.

Superpositions, entrelacements, surabondances que les détracteurs du baroque appelleraient des boursouflures et qui me ravissent depuis 12 ans que je viens à Séville. Ce n’est pas la justification par la foi mais la justification de la foi par des images, toujours belles, fines et riches. Il y a de la profondeur dans ces surfaces-là…


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