Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /2009 15:51

Le terme d'azulejos (de l'arabe "al zulaydj", pierre polie, et non de l'espagnol "azul", bleu, étymologie qui semble évidente puisque la couleur bleue est la plus fréquemment utilisée) désigne un ensemble de carreaux de faïence (un azulejo) assemblés en panneau mural. Séville, pour l'Espagne, possède de magnifiques panneaux.

Ces carreaux ou ces panneaux peuvent utiliser des motifs géométriques ou des représentations figuratives. On les trouve de longue date dans les intérieurs de bâtiments mais aussi en revêtement extérieur de façade.


Cet art qui s'est développé dans toute la péninsule ibérique a été importé par les Maures lors de leur occupation. D'abord non-figuratives (interdiction de la figuration dans les préceptes de l'Islam), les décorations deviennent figuratives avec l'essor de la faïence dans toute l'Europe. Ci-dessous les fabuleux azulejos de l'Alcazar, du Mondrian avant la lettre.


Dans le quartier de Triana des manufactures existent encore dont l’une sera bientôt transformée en musée. D’ailleurs le Christ de la confrérie de ce quartier, la O, est présenté dans une chapelle décoré d’azulejos du début du XXe siècle.


Les azulejos sont, au quotidien, la présence permanente et omniprésente de l'art de vivre hérité des Musulmans : la joie de nos yeux n'est que le reflet, l'image, la présence de la joie divine. Immanence perceptive, sans nécessité d'une quelconque figuration de la transcendance. L'image ci-dessus est donc un parfait syncrétisme culturel et, en conclusion de cette disgression, on comprendra mieux pourquoi Spinoza passa sa vie à polir des verres optiques...
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