Vendredi 23 janvier 2009 5 23 /01 /2009 13:54
L'expérience d'assister à un concert de luth dans la chapelle de l'Université fut un de ces moments emplis du "duende" andalou : cet emportement de l'esprit sous l'effet de la magie des sens.


Juan de Mesa y Velasco (1583-1627) est le sculpteur du baroque sévillan. Il est l'auteur de nombreuses statues de Christ qui sortent en procession pendant la Semaine Sainte de Séville. Il est né en 1583 à Cordoue. En 1606, il intègre l'atelier de Juan Martínez Montañés, l’autre très grand sculpteur sévillan, auteur du Christ de la Clémence de la cathédrale et du Christ de la Passion.

Ses sculptures se caractérisent par un grand réalisme qui est le résultat d'un long travail d'observation de personnes et de cadavres, ce qui lui a permis de reproduire le plus fidèlement possible l'anatomie humaine. Précisément à cette époque, le programme esthétique de l'Église catholique consistait en une reproduction fidèle des figures humaines pour rendre les images saintes plus proche des fidèles, renforçant ainsi leur dévotion. Sa prédilection pour les images saintes de la Passion lui a valu le surnom de l'Imaginero del dolor (le sculpteur de la douleur).

Les effigies processionnelles (cf diaporama ci-joint sur la confrérie des Etudiants) constituent l'essentiel de son oeuvre et font encore aujourd'hui l'objet d'une grande dévotion. Parmi celles-ci se détachent le Cristo del Amor, le Cristo de la Buena Muerte et le très connu Jesus del Gran Poder, trois effigies parmi les plus belles de tout l’art espagnol.

Dans le Christ de la Bonne Mort, Mesa s’est surpassé. Cette statue était destinée à recevoir un culte dans l'église principale des Jésuites à Séville. La réussite la plus suggestive de l’oeuvre réside dans l'interprétation de la tête. Celle-ci, dépourvue de la couronne d'épines que Mesa avait l'habitude de tailler dans le même bloc crânien, réfléchit toute la douceur et toute la poésie imaginables. Le moment représenté est l'instant précis du décès. Le corps sans vie pend aux clous qui percent ses mains. Le laisser-aller cadavérique contraste avec le clair-obscur accusé des plis tordus du suaire.

José Miguel Moreno s’est spécialisé dans l’interprétation historique, disposant d’un répertoire très riche (depuis le XVIe siècle jusqu’au début du XXe siècle), qu’il interprète sur des instruments d’époque: vihuela, guitare Renaissance et baroque, luth Renaissance et baroque, théorbe et guitare classico-romantique. Il s’agit dans tous les cas d’instruments d’époque ou de copies conformes. Dans ce domaine, José Miguel Moreno est unanimement reconnu comme l’un des plus grands spécialistes.

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