Lundi 19 janvier 2009 1 19 /01 /2009 19:35
Grenade ne sonne pas aussi bien dans mon cœur que Séville. Elle génère certes, à l’image de son nom, des passions gaies (le fruit mûr juteux et solaire) mais d’autres plus tristes (l’explosion de la mort). Cette ambiguïté fondamentale, et poétique, est celle de Lorca, lyrique et désespéré. Lorca qui chante l’Alhambra et qui meurt fusillé dans un sombre coin de la campagne.

Curieusement la dualité s’est magnifiquement vérifiée ces jours. Hier, le coucher de soleil sur l’Alhambra vécu du haut du Sacromonte.


Le gitan des grottes et son cheval ajoutaient à l’esprit lorquien, que l’on retrouve quand on monte à l’Alhambra par la Cuesta des Chinos. Sauf qu'aujourd'hui il pleuvinait du brouillard dans les coeurs.





Je veux descendre au puits,
Je veux monter les murs de Grenade,
Pour regarder le coeur passé
Par le poinçon obscur des eaux.

L’image du poinçon illustre bien l’eau (en bas à gauche) qui sort des murailles comme une source de vie traversant douloureusement le cœur.


Ma montée à moi fut une descente dans les abîmes des passions tristes. Grenade, berceau de la culture musulmane en Europe, grenade antisémite.

La recherche des causes rationnelles est simple : ce sont les pernicieux effets de la politique d'Israël dans la bande de Gaza... La famille de Spinoza avait aussi dû fuir l'Inquisition portugaise...

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