Lundi 6 avril 2009
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Ca y est : la météo annonce une semaine sans pluie, la première depuis 2001. Cette Bonne Nouvelle mérite une image qui
sainthétise les articles de ce blog depuis janvier : le blanc virginal et printanier des capirotes, le baroquisme des fleurs naturelles et en cire, la sérénité du ciel et le
reliquat hivernal de quelques hespéridées, le théâtre des candélabres et de l'encens qui flotte, avec un spectateur attentif au balcon.
C'est la paso de la Vierge de la Santé (Virgen de la Salud) cet après-midi dans la gloire du quartier de San Gonzalo, à Triana.
Mardi 7 avril 2009
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Dans moins de trois heures, la Confrérie des Etudiants va sortir de l'Université, l'ancienne fabrique de tabac si carménienne, pour
une des processions les plus rigoureuses de Séville. Son image titulaire, le Christ de la Bonne Mort de Juan de Mesa, est portée sur un paso en acajou recouvert de lys violets, symboles de la Passion, et
entouré de quatre immenses cierges ocre. C'est mon image favorite de la Semaine Sainte et le passage du crucifié devant l'Alcazar et la cathédrale dans la splendeur du soleil aveuglant devrait
être inoubliable comme l'a été ce matin la visite à l'Université.
Mercredi 8 avril 2009
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Quand le mercredi Saint 19 mars 2008,
Il commence à pleuvoir
Dans le quartier de San Bernardo,
Ma dame espère.
Quand le 8 avril 2009
Le soleil est resplendissant,
Ma dame attend
Le Christ de la Santé
Et la Vierge du Refuge.
Amies et amis, bonnes Pâques, buena Semana Santa !
Dimanche 12 avril 2009
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" Interrogez les metteurs en scène de théâtre et d'opéra : la Semaine sainte à Séville les éblouit autant qu'elle les
désespère. Ce luxe, ce rythme, cette passion, ils n'y arriveront que par instants. Et encore, en rêvant beaucoup."
Cette citation de l'écrivain Francis Marmande (cf
plus bas son texte de 2003) imagent bien ce que fut cette Semana Santa 2009. "La première Semaine Sainte complète depuis huit ans", "une semaine de plénitude", "le
rêve accompli", "la meilleure Semaine Sainte du siècle", les quotidiens ne se privent pas de commentaires pour qualifier cette "fête fragile" dont parle le Diario de
Sevilla. Il titre même son article sur la Madrugada ainsi : "le froid perfectionne le rendez-vous" car la nuit fraîche du jeudi au vendredi en laissa plus d'un chez lui.
La "fragilité" de l'hypermodermité, nous en reparlerons dans ce blog : un exemple cependant :
C'est plutôt la fête opératique qui sied à ce Dimanche de Résurrection et les lecteurs et amis dubitatifs sur le pouvoir enchanteur de ce théâtre urbain, social, culturel et religieux peuvent
regarder un montage chronologique des meilleurs moments sonores et visuels que j'ai vécus.
Bandes de cornets et tambours, groupes musicaux interprétant des marches processionnelles, trio a capella d'instruments à vents, saetas et silences presque absolus: c'est
l'opéra perpétuel dont j'aimerais bien que mon ami Samir, grand acteur et metteur en scène, pût le vivre un jour avec moi.
"Pendant la Semaine sainte, la foule de Séville, le peuple de Séville, vit ensemble, rit ensemble, se tait ensemble,
pleure doucement ensemble, déambule ensemble dans les nuits tièdes de la ville. Parfois fraîches. Personne à bousculer, à pousser, à s'avancer indûment, à ne pas voir qu'il y a là les
autres, les semblables, les fragiles, les puissants et les faibles. La foule de Séville est la plus civilisée du monde.
Sans ségrégation : ni d'âge, ni de sexe, ni de difformités, ni de couleur, ni de riches, ni de pauvres. La Semaine sainte de Séville est d'abord l'enchantement de ce lien social. Ailleurs,
on l'a perdu. Ni pathos, ni flagellants, ni idiots, ni cynisme, ni tout ce qu'une fantasmatique sommaire désire. Ni-ni-ni, alors quoi ?
Les scènes les plus poignantes. Les musiques les plus poignantes. Une extraordinaire dramaturgie. Une mise en scène collective avec huit processions par jour, par nuit, près d'un million
d'acteurs. A chacun son rôle, même pas son rôle, à chacun sa peau : sa peau de femme, sa peau d'amoureux, de parent, d'abuela (les grands-mères), de couple homosexuel, de bande de potes, de
croyant, de demi-croyant, d'amateur de demis. Sa peau d'agnostique, de charbonnier, d'athée placide et de mystique sans Dieu. Sa peau d'enfant en bas âge, sa peau de gaillard dans la force
de l'âge, de jolie fille trahie, d'invalide ou de handicapé, de désespéré fou d'espoir, de porteur de paso, de meneur de pasos, de pénitent (n'exagérons rien) ou de rieur. Ni-ni-ni mais
quoi encore ? L'amour d'une splendeur vécue pour un but différé. Interrogez les metteurs en scène de théâtre et d'opéra : la Semaine sainte à Séville les éblouit autant qu'elle les
désespère. Ce luxe, ce rythme, cette passion, ils n'y arriveront que par instants. Et encore, en rêvant beaucoup."
Francis Marmande
LE MONDE ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 07.05.03
Jeudi 30 avril 2009
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Séville fut dès le XVIIe siècle l'une des villes d'Europe,
avec Venise, Rome et Naples, les plus prisées des peintres et dessinateurs pour la qualité de ses vues urbaines.
Aujourd'hui encore, on parle d"estampa" pour désigner une image typique qui ravit l'oeil du spectateur ou du photographe. Les
amateurs de la Semaine Sainte savent où se placer pour voir tel paso dans tel ou tel environnement. Les promeneurs dans la Feria n'ont que l'embarras du choix tant les couleurs, les lumières,
les robes, les chevaux et les danses forment un ensemble baroque unique, surtout dans la lumière de la fin de l'après-midi.